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Vieux Amis : le café des gens heureux |
Publié le 19/02/2010 par Nord Eclair.
Gisèle et Jean Delafosse racontent à merveille l'histoire des Vieux Amis. En 1948, la Philharmonie fêtait Ste-Cécile. Ci-dessous, les parents de Gisèle au comptoir en 1946. Avec les enfants et le personnel (Gisèle est en écossaise).
En achetant le café des Vieux Amis, pour y installer le syndicat d'initiative et l'association À la recherche du passé d'Halluin, la Ville souhaite consacrer ce lieu à la rencontre et à la mémoire. Un lieu emblématique raconté par Gisèle et Jean Delafosse, les propriétaires.
ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS > angelique.dasilva@nordeclair.fr On ne croit pas se tromper en disant que la moitié d'Halluin s'est mariée dans ce café de la rue Gustave-Desmettre. C'est aussi là que Gisèle Menet et Jean Delafosse ont échangé leurs premiers regards. L'heureux élu en a fait des jaloux. « Il y avait des mariages toutes les semaines mais je n'avais pas le temps de regarder la mariée. Je travaillais ! » sourit Gisèle. Cette fois, c'était son tour. 1951, une belle année pour se dire oui. « On servait les repas en haut, le rez-de-chaussée c'était pour danser. » Combien de farandoles et de baisers volés entre les deux colonnes de marbre ? Des ornements taillés par le père de Gisèle : Jules Menet, marbrier de formation devenu patron de bistrot. Un personnage. « C'était quelqu'un d'extraordinaire, généreux et bon vivant », livre sa fille. Jules et son épouse Anaïse avaient repris le café des Vieux Amis en 1938. Combien de mariages, de communions et d'enterrements aussi... Sans parler des banquets.

Véritable institution, le café a longtemps été le siège de la Philharmonie, des Sous-officiers, des agriculteurs, des archers ou encore de la Lyre dont Jules Menet avait été vice-président. Gisèle a fait ses premiers pas dans le café de ses parents avant d'enfiler son petit tablier blanc à l'âge de 12 ans : « On ne se posait pas de questions. C'était naturel d'aider les parents. Combien de fois j'ai lustré le carrelage », sourit Gisèle en parcourant les photos de l'époque. Les jours de ducasse, les nuits étaient courtes pour toute la famille. De la guerre, Gisèle a gardé les images rieuses de ces soldats américains virevoltant sur du rock'n roll. La cheminée, le comptoir, les mosaïques, l'établissement a conservé tout son cachet. Un esprit rétro que la Ville devra sauvegarder. Le projet n'est pas abouti mais le souhait est d'accueillir dans ces 250 m² le syndicat d'initiative, l'association À la recherche du passé, Cinélys ainsi qu'une salle d'expo. Un lieu partagé qui reposera sur « une gestion associative raisonnée à l'image du Cercle Saint-Joseph » indique le maire. À 79 et 82 jolis printemps, Gisèle et son mari sont heureux que la municipalité se porte acquéreur de cette propriété de famille : « C'est un soulagement de savoir que ce café ne tombera pas dans l'oubli. » Une histoire dans l'histoire pour les époux Delafosse qui ont tenu pendant 26 ans -sans un jour de repos ou presque- le café du Ptit Baptiste, au Colbras, avant de créer les salons de réception voisins, la Roseraie. « Allô le P'tit, ici c'est le Vieux », entend encore Jean de son beau-père quand ce dernier lui téléphonait. C'était l'époque où tous les dimanches on allait danser.w
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